lundi 6 septembre 2010

Aussi me taire ...



Il y a le silence de la peau dorée et fumante à la lueur des flammes, de la peau de femme, lisse et tendue, qui s'extraie de son bain dans une lucarne pensant que personne ne la regarde.

Il y a le silence du voyeur malgré lui, hébété, assourdi, capturé par l'image et par l'inattendu, au regard suspendu à un mouvement.

Il y a le silence du départ, quelques secondes avant de ne plus se voir, l'haleine retenue à l'espoir que quelque chose se passe ...

Il y a le silence feutré du retour, de celui qui ne veut rien réveiller, et surtout pas la colère.

Il y a le silence d'une vie qui avance dans l'ignorance de tous, dont la partition morne et lancinante ne se joue qu'à la pulsation d'un seul coeur. Lointain.

Il y a le silence du regard où tous les mots du monde sont accrochés aux cils, de l'oeil qui roule ou qui se fixe, de la pupille qui plante et de l'iris humide, où la vision absorbe et soulage des mots.

Il y a le silence du bruit des autres, dehors, à côté, au-dessus, et derrière ses propres pensées. Au-delà des excuses et des mots, le vide.

Il y a le silence d'où on vient et celui qui nous attend.

Il y a le silence de la route qui défile, des paysages qui passent, et où l'on ne dit rien, pas même à soi.

Et il y a ce silence ... qui fait plus de bruit que tous les autres réunis.

3 commentaires:

Lucius a dit…

"le véritable trésor dans une musique, c'est le silence se trouvant entre les notes, elles ne sont là que pour le mettre en valeur" Sting

Francesca Dellamorte a dit…

Le silence après Mozart, c'est toujours du Mozart ...
Karamazov total ? ;-)

Lucius a dit…

pas du tout Karamasov ;-)