mercredi 7 juillet 2010

Hush



Abrités, unis, nous entamons à la lueur d'une seule flamme un voyage de nuit ...

Catharsis

Et avec une pensée "complice" pour Philippe ...

Il y a une expression sur ton visage que j'aimerais éclater
Vois le péché dans ton rictus et la forme de ta bouche
Tout ce que je veux, c'est te voir terriblement souffrir
Même si on ne se revoit jamais je me rappellerai ton nom,

Je ne peux pas croire qu'à la base tu étais comme tout le monde
Puis que tu ais grandi pour devenir un démon
Pris Dieu que je pense à dire quelque chose de sympa
Mais je ne crois pas que je puisse

Donc va te faire foutre quand même.

Tu es une raclure, une raclure, et j'espère que tu sais
Que les fissures dans ton sourire commencent à se voir
Maintenant le monde doit comprendre qu'il serait temps que tu te casses
Il n'y a aucune lueur dans tes yeux et ton cerveau est trop lent,

Je ne peux pas croire qu'à la base tu étais comme tout le monde
Puis que tu as grandi pour devenir un démon
Pris Dieu que je pense à dire quelque chose de sympa
Mais je ne crois pas que je puisse

Donc va te faire foutre quand même.

Je parie que tu dors comme un gosse en suçant ton pouce
Je pourrais m'introduire et te coller un flingue dans la bouche
Ca me rend malade quand j'entends toutes les conneries que tu peux dire
Toute cette merde qui sort, ça doit te prendre la journée,

Il y a un espace réservé en enfer avec ton nom sur le siège
Avec un pieu sur la chaise pour que tout soit complet
Quand tu te regardes dans une glace est-ce que tu vois ce que je vois
Si c'est le cas, pourquoi putain, faut-il que tu me regardes moi ?

Il y a un temps pour tout le monde et je crois que le tien est passé
Est-ce que tu pourrais te dépêcher, car tu deviens obscène
On n'en peut plus d'attendre ce jour où l'on te verra plus
Que ton visage ne soit plus là, et que tu pourrisses en-dessous.

Je ne peux pas croire qu'à la base tu étais comme tout le monde
Puis que tu as grandi pour devenir un démon
Pris Dieu que je pense à dire quelque chose de sympa
Mais je ne crois pas que je puisse

Donc va te faire foutre quand même.



Archive - Fuck You

mardi 6 juillet 2010

In pain ...





Jeune fille en noir au pendentif bleu


(Histoire contenant une allégorie)

La jeune fille en noir au pendentif bleu était une jeune fille comme les autres, et pourtant pas tout à fait. Elle avait deux bras, deux jambes, une tête (fort bien faite par ailleurs), elle mangeait, buvait, vivait comme vous et moi. Mais la jeune fille en noir au pendentif bleu – outre cette légère excentricité – pouvait voler. Certes, pas forcément très haut, et sans battre des bras comme leurs ailes les oiseaux, mais elle pouvait d’une banale enjambée passer de son balcon au toit d’une maison, de ce toit au suivant, et ainsi de suite, plus agilement qu’un chat, qu’elle effrayait d’ailleurs parfois. C’était venu comme ça, une nuit qu’elle ne dormait pas, l’idée qu’en s’élançant telle une gracile ballerine, elle parviendrait sans heurt de l’autre côté de la rue.
L’idée qu’elle pouvait tomber ne lui semblait même pas saugrenue : elle ne lui était même pas venue ! Pour tout vous dire, bien qu’elle ne dormait effectivement pas, la jeune fille en noir au médaillon bleu était persuadée du contraire. Tout semblait si facile, si évident, et pourtant si idiot, qu’elle ne pouvait se figurer que de telles pensées puissent lui venir autrement qu’en rêve. Et pourtant ! C’est bien dans ce monde-ci, que nous partageons tous, bardé de toute part par la réalité, que la jeune fille en noir au pendentif bleu s’élança dans les airs par une belle nuit enténébrée, à peine griffée en son cœur par le plus léger croissant.
Il faut bien dire qu’elle était ravie, autant que puisse l’être une jeune fille de son âge, dont l’effronterie fait naître la témérité qui semble alors être la voie la plus sûre pour goûter à la liberté. Et la liberté, pour la jeune fille en noir au pendentif bleu, c’était de pouvoir soulever un coin du cadre vaporeux de la réalité, et y glisser ne serait-ce qu'un bras ... alors tout le corps, pensez !

Une nuit qu’elle était assise sur un toit trouvé là après quelques bonds, elle laissa son regard se perdre sur cette butte un peu lointaine qu’elle aimait tant, ce quasi-éther aussi apte à ouvrir les vannes de son imagination que pour d’autres les paradis artificiels, sauf que sa substance à elle s’absorbait par les yeux. Parce qu’au sommet de cette butte, pas tout à fait colline, se trouvaient entassées les pierres d’un ancien château, et qu’en contrebas se dressaient, telle une armée, une multitude de croix. Elle était, la jeune fille en noir au pendentif bleu, la dame noble de ce château par son esprit restauré, et les croix ses sujets. Toujours au-dessus de sa demeure, il faisait nuit, sauf quand elle en décidait autrement. Tantôt stryge, tantôt sorcière, tantôt duchesse, tantôt créature de la forêt de cyprès qui l’entourait, elle se rêvait puissante, mystique, magnifique … Combien de fois, sans bouger, portée par le flot fantastique de son imagination, s’était-elle enivrée du parfum éthylique de ces cyprès, avait-elle pleuré en constatant l’étendu de son domaine et l’immensité du ciel au-dessus d’elle, cette lune pleine, ouverte, qui l’attendait.

Qui, désormais, l’empêcherait d’atteindre sa butte ? Qui oserait s’accrocher à ses jambes pour l’empêcher de bondir encore de toits en toits, puis d’arbres en arbres, jusqu’à sa demeure ? C’est prise de cette frénésie que la jeune fille en noir au pendentif bleu se leva brusquement de son toit et s’élança à nouveau, plus vite, plus haut, sans jamais perdre de vue son merveilleux but. Seulement, sur le toit d’une église, le drame arriva : Son pied trop pressé, trop léger, glissa ; son corps quelques secondes avant si parfaitement puissant et éthéré chuta, dans un fracas mou et lourd, que seul freina imperceptiblement la main de marbre tendue d’un archange, qui garde encore dans sa paume blanche le petit pendentif bleu de la jeune fille en noir.

dimanche 4 juillet 2010

New Drug


J'ai perdu la vue par ce choc
Je n'ai jamais autant saigné
Ai-je glissé dans le vice
Depuis mon départ ?
Tu es comme une chute dans un ailleurs
Comme ces poèmes ...
Tu prends soin de moi comme un nouveau-né
Au coeur de la nuit
Alors que les pleurs brisent
Le sort du silence
Mon esprit s'éclaircit
Et me ramène
Dans mon refuge
En enfer.
J'espère que tu ne me verras pas
Au travers de mes actes
Je ne peux me retirer
De cette étreinte
Sois ma nouvelle drogue ...

De/Vision - New Drug

Venise noire


Il est des villes plus fortes que les hommes. Les siècles qui nous fanent ne les changent pas. Le poudroiement du soleil inonde leurs façades comme la pluie les pavés. Il en est de ces villes comme de la lune : toujours nouvelle et changeante pour qui la contemple à l'échelle de sa vie, mais immense et morte au regard de ce qui nous dépasse. Venise est une lune de l'âme, veinée de canaux palpitants aux reflets de poudre et de cendre. Tantôt caressée ou dévorée par son propre sang, elle se vêt d'une brume à peine posée qui charrie dans son sillage la poussière de ses siècles. Elle est ce miroir d'humanité fade et sublime, foulée de toute part par la course de l'Histoire. La nuit l'étreint et lui fait exhaler les soupirs des pendus, les canons des navires, les rires des courtisanes et les suffocations des prélats. Le lion se tient coi. Sous nos pieds roulent les ballots d'épices et d'or, et Byzance éclate à la face d'un Occident dépassé. Nous les marchands, nous les prévôts, nous les doges vivons dans les interstices des palais, la ville derrière la ville, celle qu'on ne peut voir qu'une fois les yeux fermés.

Venise est à vos pieds ...

Venite.

Ce soleil ...





Ce soleil hors-saison réussit l'exploit que des alchimistes ont à peine touché du doigt des siècles durant, transformant en or pur, liquide et brillant tout ce qu'atteignent ses rayons prophétiques. Il laisse le ciel à ses histoires de bleu, pour ne s'occuper que de quelques infimes parties de la terre que je foule, quelques pierres, quelques arbres, quelques graviers ... quelques minutes. Il chauffe d'une chaleur exquise, rare, suffisante, et met la peau entre parenthèses de l'automne, de l'hiver, et de quelques jours de printemps.
Ce soleil voulu par les Anglais, par les Russes, par les Américains, brille désormais à jamais sur leurs tombes offertes, bien plus à sa lumière qu'à celle d'un quelconque dieu dont ils savent maintenant qu'ils l'avaient prié pour rien.

samedi 3 juillet 2010

+ lE reTour d'AnnA mOrpHOse +


Mords, mords-moi, dans le cou là, coule en corps en moi Anna, aller aux bois tu sais j'aime ça ... tu saignes Anna, Anna fait sa loi, Annalogue, languis-moi, Ah ! n'a-t'-on jamais bu ça ? Anna attache-moi, à l'arbre au fond du bois, tord tue-moi Anna, Anna colle, Anna vole et je décolle, Anna glisse entre mes doigts de fais le, Anna ...
Anna s'immisce, Anna vice, ânonne mon nom Anna, parle et épelle-moi, égalise-moi à ton église où je chois, Anna au nom de quoi ... 4, 5, 6 de tous les vices, Anna tu es le roi.

+ lA mORt FinE d'aNNa mOrpHOse +


A qui je dois Anna,
Soizic,
X,
Leakim.


Il était une fois, Anna ...

Anna, suis-moi, la nuit est à toi puisque je te la donne. Prends la Anna, prends moi, nous irons aux bois. Nous irons aux cîmes d'hier, rappelle-toi quand, sous la froide terre ... Anna morphose moi.
Anna belle, dans mes bras tu pleures, tu t'es blessée, Anna, dis-moi ...
J'ai tes cheveux dans ma bouche Anna, gramme de noirceur, jais de la peine, ébène et moi, morphinsane.
Anna l'âme de fond, au fond de moi, il y a le bois.
Croix de bois dure comme le fer, Anna, si je mens ... je m'enfonce en toi. Prends la Anna.
Anna t'aime me dit-on, regarde. Elle fond. 1, 2, 3 ... Anna goûte moi, compte les gouttes de moi, ne te heurte pas à pas.
Anna corps, être dans le froid, le frimas d'Anna maintenant étendu en moi, entendu comme ça, comme tu voudras, comme tu aimeras, aime-moi Anna.
Haine-moi.
Main dans la main, dessine-moi, contourne-moi, épouse moi ... Anna-Lise et moi. Anna l'orée du bois, loup n'y est pas, y es-tu Anna ?
Bouche dans la bouche, exsuffle-moi Anna, bois-moi.
Anna baise-moi.

jeudi 1 juillet 2010

De la texture d'un rêve ...


De soyeuses choses s'étirent, de la texture d'un rêve. Il est minuit peut-être, ou bientôt le matin, qu'il s'éloigne celui-là ! Certains mal intentionnés diraient que je suis ivre ... Je le suis ! Je m'en moque. Je vogue plus que je ne marche, certes, mais personne ne remarque que je suis toujours étendue. Là. J'attends. J'entends la mer, toujours la même, se fracasser contre le rocher de ma tête, elle oxyde toute pensée comme un morceau d'étain aux morsures du temps. Ma peau épouse chaque aspérité de l'édifice que brûle le sel, et mes yeux se referment sur une image de ciel noir et limpide. Les mots n'ont plus de sens ...

... Enjoy the silence.